Descendre
Couturier
Meyer
COLLECTIONS
Pages Choisies
Voir Parutions Hiver 2008
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace, sous forme de chronique, l’histoire de sa famille, depuis l’arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, au milieu du 19e siècle, jusqu’au départ d’Algérie de la famille en 1961. On y trouve des morceaux d’histoire captés par l’enfant et la jeune fille.
Dans la deuxième partie, elle retrace la relation d’une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C’est aussi un voyage commun au genre humain : de la jeunesse à l’âge mûr, son lot de contingences et d’interrogations.
Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son mari défunt. Elle essaye, avec l’émotion que l’on pressent, de lui faire dire ce qu’il s’est obstiné à taire.
Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne et de l’itinéraire intérieur de la narratrice et de l’acclimatation d’une famille, arrachée à son lieu d’origine par la guerre, sur le territoire métropolitain. C’est, de fait, un document sur la migration et l’intégration d’individus appartenant à tel collectif ; les juifs d’Algérie sont réputés les avoir particulièrement réussies.
Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d’Histoire du Maghreb à l’INALCO, dit en quoi Les deux pères transcendent le simple récit autobiographique.
Josy Adida-Goldberg, est née à Constantine en 1929. Elle a obtenu, en 2004, à l’âge de soixante-quinze ans, une Maîtrise de lettres à l’Université de Paris VII. Son mémoire avait pour sujet : La figure de la mère dans l’œuvre d’Albert Camus.
REMONTER
Pages Choisies
Voir Parutions Automne 2008
Le petit carnet rouge offert par la jeune fille à l’enfant de trois ans est-il pure fiction ? La mère le prétendait. L’auteur de ces pages, convaincu du contraire, fouille les béances de son enfance rê-veuse et mélancolique, interrogeant au passage Proust, Joyce ou encore Nabokov (dont il est le spécialiste et le traducteur) qui ont vécu dans leur enfance des expériences analogues aux siennes, dans l’espoir de renouer les fils d’un récit qui se dérobe à lui. Né au Moyen Âge, comme il aime à dire, il fait revivre toute une société paysanne rude et grégaire mais chaleureuse, soumise quoti-diennement à la loi et au rythme imposé par une Église despotique et puritaine, société peu culti-vée qui n’est pas loin de penser que la fréquentation trop assidue des livres peut rendre fou. L’auteur, qui a démonté ailleurs les faux-semblants de la censure et de l’autocensure, manifeste-ment conscient que l’impudicité est une stratégie comme une autre, s’expose et se dissimule tout à la fois derrière une écriture poétique et truculente, qui semble vouloir épouser les bercements de la lactation.
Maurice Couturier a fait une carrière universitaire en France et aux États-Unis ; il est spécialistes de Nabokov, auteur de plusieurs traductions, dont Lolita (Gallimard) et de cinq essais, dont Nabokov ou la tyrannie de l’auteur (Seuil) et Nabokov ou la cruauté du désir (Champ Vallon), et directeur de la Pléiade Nabokov (1er volume paru en 1999). Théoricien du roman, il a publié notamment La Figure de l’auteur (Seuil) et Roman et censure ou la mauvaise foi d’Eros (Champ Vallon). Il a aussi été, avec son épouse, le premier traducteur de David Lodge. Il a publié un premier roman, La polka piquée(L’Âge d’Homme), et en sort bientôt un second, Ziama (Orizons).
REMONTER
Pages Choisies
Voir Parutions Hiver 2008
Cela commence comme un roman classique : une jeune fille, rencontre celui qu’elle appelle l’homme de sa vie. Ils habitent à Ashdod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l’épouse et le suit en France, à Paris.
Mais Charles, au fil du temps, au gré de ses déboires financiers, de ses déprimes, s’est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d’être plus proche de la religion, fondée par Saint Paul, va en lui profond. Cette mutation donne son sens à ce livre qui rend compte de la déchirure qu’éprouve l’auteur ; au-delà des convulsions affectives que ce heurt génère, c’est un mode d’être qui est en branle.
Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine. Chochana Meyer le mène en puisant, jusqu’à la dernière ligne, dans la conviction d’aimer sans partage celui qui lui préfère le Christ, mais sans reniement de ses origines qu’elle tient pour primordiales.
Un juif chrétien ? est sans doute mieux qu’un récit authentique et une attachante histoire d’amour : il est singulier. Au commencement d’un siècle possédé par la question religieuse, c’est un document à retenir ; il dépasse le cadre contingent et personnel ; il devient, malgré lui un fait de société.
Chochana Meyer est chef d’entreprise dans la région parisienne.









